LE MATÉRIAU « BOIS »

Travail du bois, sculpture, les essences, le bois gras, etc.
Répondre
Nihil cogito
Ceinture blanche en BJ
Ceinture blanche en BJ
Messages : 54
Enregistré le : ven. 7 sept. 2018 14:16

Re: LE MATÉRIAU « BOIS »

Message par Nihil cogito » mar. 10 juil. 2018 16:32

LE MATÉRIAU BOIS
TABLES DES PROPRIÉTÉS TECHNOLOGIQUES
Table propriétés technologiques 2.jpg
La première tables ne comportent que treize essences. Il est inutile d’en donner davantage, bien qu’il en existe beaucoup plus en France.
Les essences choisies ne tiennent pas compte des variétés voisines, car elles ont des propriétés très proches de l’espèce décrite.
Les variétés, arbustives, ornementales et fruitières ne sont pas ou peu utilisées pour les constructions de camp : nous ne les avons donc pas mentionnées.

La table donnent rapidement les renseignements nécessaires à la bonne utilisation des espèces, pour telle ou telle application, en fonction de leurs propres particularités.

Cette table simplifiée, ne comportant que le sciage, la fissibilité et la finition.

Enfin, deux tables supplémentaires concernent la durabilité, l’une pour les bois immergés, l’autre pour ceux exposés à l’air.
Durabilité bois.jpg

STRUCTURE INTERNE
Sans détailler les différences qui existent entre les résineux et les feuillus, le bois se compose de cellules dont la taille varie avec les saisons (bois de printemps et bois d’été) et les espèces.
La coupe transversale d’une tige montre successivement de l’extérieur vers l’intérieur.
Bois xylème.jpg
Le liège ou écorce, composé vers l’extérieur de cellules mortes. Ayant perdu son élasticité, il se fissure, se crevasse ou se craquelle plus ou moins avec l’âge. Chez certaines espèces, il s’en va par plaques (platane).

Le cambium de l’écorce, il génère celle-ci.

Le liber ou phloème. Partie profonde de l’écorce, il as¬sure la conduction de la sève élaborée.

Le cambium : c’est une couche très mince ; quand on écorce une tige encore vivante, il est généralement vert clair. Il génère le bois ou xylème.

Le bois. Il se compose d’une partie claire appelée aubier et d’une plus sombre appelée bois parfait, bois de cœur ou duramen. Chez certaines espèces, le contraste de teinte entre l’aubier et le duramen est peu marqué. Elles comportent toutes deux des cercles concentriques : ce sont les cernes annuels.
Bois cerrnes annuels.jpg
Leur couleur est différente, la plus claire est le bois de printemps à grosses cellules, plus tendre que le bois d’été. La plus colorée à petites cellules est le bois d’été, plus dur que le bois de printemps. Le bois présente également des rayons appelés rayons ligneux ou rayons médullaires. Ils favorisent la fente si le séchage se fait trop rapidement.

Au centre de la tige se trouve la moelle ; chez les vieux arbres, elle a disparu, laissant la place à un canal vide.

L’aubier est inférieur en qualité au bois de cœur. Chez certaines espèces, il est très peu durable : on le supprime en scierie.

Le contraste de teinte des cernes annuels entre le bois de printemps et le bois d’été est parfois peu perceptible à l’œil nu : exemple, le bouleau.
Le comptage des cernes annuels permet de déterminer l’âge d’un arbre ou d’une branche.

La croissance se fait de l’intérieur vers l’extérieur. Il y a évidemment plus de cernes annuels à la base du tronc que sur les rameaux sommitaux. Cette croissance oriente le fil du bois. Il se couche lorsqu’il est frotté dans le sens de la pousse. Il accroche dans l’autre sens. On peut comparer la pousse à l’enfilage, l’un dans l’autre, de tubes de diamètres croissants et de longueurs décroissantes.
La structure n’est pas homogène : on y trouve des défauts comme les nœuds (ce sont les départs de pousse des branches), qui l’affaiblissent.
Les conditions climatiques, le lieu de pousse et les agressions diverses modifient la qualité du bois : notamment les agressions animales (insectes xylophages, oiseaux perceurs, ongulés qui mangent l’écorce), végétales (gui, lierre, champignons) ou humaines (exploitation de la résine ou du liège), qui le dégradent. L’intervention humaine peut aussi l’améliorer (culture, greffes, traitements fongicides, etc.).

Les bois poussant sur les versants ombragés ou au nord ont une structure interne plus serrée. Quoique plus malingres d’aspect, ils sont plus durs et de meilleure qualité.
Moins hauts que ceux poussant en forêt, les arbres isolés ont une couronne plus étalée et un tronc plus court et trapu.

En forêt, chaque arbre fait de l’ombre à ses voisins, mais chacun « veut » la plus grande part de lumière et cherche à pousser plus haut que les autres. C’est pourquoi leur tronc est plus droit, plus mince, plus élancé, et leur houppier moins étendu que ceux des sujets isolés. C’est en exploitant cette lutte vers la lumière que l’on crée les futaies.

BON À SAVOIR
Bois pousse verticale.png
Bois de compression.jpg
Racines.jpg
ABATTAGE
1. On cherche le penchant naturel de l’arbre pour définir le sens de la chute ou l’axe dans lequel il risque le moins d’abîmer ses voisins en tombant ou de s’y encrouer .

2. Dans cet axe, une zone de sécurité est délimitée. Sa largeur va croissante du pied de l’arbre à un peu au-delà de sa hauteur supposée, projetée au sol.

Personne ne doit s’y trouver pendant l’abattage.


3. L’aire de travail est dégagée.
Abattage arbres.jpg
4. L’arbre est coupé le plus près possible du sol. La quantité de bois laissée entre les coupes s’appelle la charnière : elle oriente la chute en retenant un peu le pied. Attention, elle peut se briser d’un seul coup en faisant sauter le tronc ou se fendre en l’écuissant . Des cordages judicieusement disposés pour orienter la chute aideront cette phase délicate et dange¬reuse et évitera son encrouage.
Retour de tronc..jpg
6. Afin d’éviter le pourrissement prématuré de la souche par le cœur, on la pare, en la retaillant, si nécessaire, en biseau simple ou double . Le parage empêche l’eau de pluie d’y sta¬gner et lui permet de s’écouler librement.
Souche.jpg
Parage des souches.jpg
7. Le tronc est débarrassé de son houppier (ensemble des branches) ; cette opération s’effectue par l’extérieur de la ramure et par en des¬sous, en progressant vers le tronc et la cime.

DÉBIT
Quand c’est possible, le bois est abattu hors sève, c’est-à-dire en hiver — de novembre à mars — et pendant la lune descendante (dernier quartier), puis on le laisse sécher avec ses feuilles ; ce procédé permet d’en tirer toute la sève, donnant ainsi au bois une meilleure résistance aux insectes.
En revanche, on l’écorce plus facilement quand il est gorgé de sève ; à cette fin, on l’abat en période de lune montante (premier quartier).

Après l’abattage, le fût débarrassé de son houppier et de ses racines prend le nom de grume.

Cette grume est alors débitée en tronçons qui pren¬nent en partant du bas le nom de bille (s) de pied exempte (s) d’amorces de branches ; parmi les billes de pied, on distingue les premières et deuxièmes pour la menuiserie, l’ébénisterie, la tonnellerie ou la charpente. Enfin, les surbilles de qualité moindre avec amorces de branches.
Grume.jpg
Un tronc ayant conservé des moignons de branches prend le nom de chicot.

Chicot.jpg
PETIT LEXIQUE
ARONDE, n. fém. Vieux nom de l’hirondelle.

BILLE, n. fém. Tronçon de grume de longueur variable, destinée à être équarrie. Billes de pied : portions de tronc immédiatement au-dessus du sol exemptes d’amorces de branches ; parmi elles, on dis¬tingue les premières et deuxièmes pour la menuiserie, l’ébénisterie, la tonnellerie ou la charpente. Surbilles : situées au dessus des billes de pied, mais de qualité moindre et avec amorces de branches.

BILLON, n. masc. Tronçon de bois cylindrique de longueur et diamètre inférieurs à la bille. Petite bille. Pièce de bois cylindrique courte et épaisse. Syn. : rondin.

BILLOT, n. masc. Pièce de bois tiré d’un tronçon de bille et servant de martyr pour le fendage du bois de chauffe et à façonner grossièrement certains bois d’œuvre.
Billot.jpg

BIQUETTE, n. fém. Fam : chevalet de sciage.
Biquette.jpg
Biquette.jpg (16.24 Kio) Vu 22 fois
BROUSSIN, n. masc. Excroissances du tronc provoquées par des bourgeons ou des touffes de rejets qui ne se sont pas développés. À l’intérieur, les fibres du bois y sont irrégulièrement enchevêtrées. Quand les broussins sont juxtaposés en grand nombre, ils forment ce qu’on appelle la loupe.
Broussin.jpg
Broussin.jpg (28.72 Kio) Vu 22 fois

BÛCHE, n. fém. Tronçon de bois cylindrique ou refendu, de lon¬gueur et de grosseur variables, destiné à être brûlé.

BÛCHER, n. masc. Tas de bois prêt à être brûlé. Lieu où est entre¬posé le bois de chauffage.

BÛCHERONNAGE, n. masc. Coupe d’arbres effectuée par le bû¬cheron en forêt. Il comporte aussi l’ébranchage des arbres abattus pour faciliter le transport et la manutention des grumes.

BUISSON, n. masc. Arbuste de très petite taille à végétation dense souvent épineuse. Groupe de ces arbustes poussant serrés les uns aux autres.

BULTEAU, n. masc. Arbre étêté et taillé en boule. Syn. : têtard.

CHABLIS, n. masc. Arbre abattu par le vent ou brisé sous le poids de la neige.

CHARPENTERIE, n. fém. Ensemble des techniques consistant à façonner et à assembler le bois destiné à réaliser l’ossature (charpente) des constructions.

CHICOT, n. masc. Tronc sur lequel il reste des moignons de branches.

COGNÉE, n. fém. Hache à fer étroit muni d’un long manche droit ou galbé, servant à abattre les arbres et à dégrossir le bois.

CORDE, n. fém. Mesure de volume de bois valant environ deux stères (3,84 m3). Bois de corde : bois de faible diamètre mis en stère et destiné à être brûler.

COUPE, n. fém. Abattage des arbres pour leur exploitation. Coupe claire : coupe sévère clairsemant les arbres. Coupe sombre : coupe épargnant suffisamment d’arbres pour laisser de l’ombre.

COURONNE, n. fém. Ensemble des branches et du feuillage. Syn. : houppier.

ÉCOT, n. masc. Tronçon de branche restant sur le tronc d’un arbre mal élagué.

ÉCUISSER, v. tr. Lorsque le tronc d’un arbre se fend ou éclate au moment où il s’abat : il s’écuisse.

EFFEMELLER, v. tr. Ôter d’une forêt, d’un bois, les sujets morts ou mauvais.

ENCROUÉ, ÉE, adj. Arbre qui en tombant s’est pris dans les branche d’un autre et qui y reste emmêlé.

ENCROUER, v. tr. S’encrouer : un arbre qu’on abat et qui se prend les branches dans celles de ses voisin sans pouvoir s’en dégager : s’encroue.

ÉHOUPER ou ÉHOUPPER, v. tr. Couper le houppier, le sommet d’un arbre. Syn. : étêter, écimer.

ÉQUARRI, E, adj. Bois usiné de section carrée ou rectangualire. Les dimensions de la section comme la longueur des pièces correspondent à des normes de construction selon leur destination. Dans ce cas, on parle de bois normalisés.

ÉQUARRIR, v. tr. Donner une section carrée ou rectangulaire à des bois cylindriques.

FASCINE, n. fém. Petit fagot très serré constitué de branchettes dont le diamètre est inférieur à celui d’un doigt.

FEUILLARD, n. masc. Lien plat en métal, en matière plastique ou en bois.

FEUILLARDIER, n. masc. Ouvrier saisonnier qui fait des feuillards. Activité en voie de disparition.

FORESTAGE, n. masc. Tous les travaux d’entretien, de gestion et d’exploitation de la forêt.

FROISSARTAGE, n. masc. Technique de construction simple avec des moyens simples inventée pendant les années 1930 par Michel FROISSART (Douai, 30 janvier 1891–21 juin 1946).

FÛT, n. masc. Partie du tronc la plus droite possible, dépourvue de branches, située entre le sol et le houppier.

FUTAIE, n. fém. Forêt dont les arbres sont exploités lorsqu’ils ont atteint une grande hauteur. Haute futaie : forêt arrivée à toute sa hauteur, ses sujets ont plus de 100 ans. La futaie s’obtient en laissant pousser serrés les arbres, car devant lutter pour aller chercher la lumière au-dessus de l’ombre que leur font leurs voisins, ils deviennent plus grands et plus droits.

GABION, n. masc. Panier sans fond destiné à retenir des maté¬riaux. Il peut être fixé au sol ou mobile. Abri construit avec la technique du gabionnage ou avec des gabions.

GABIONNAGE, n. masc. Technique consistant à retenir un maté¬riau par un treillis de branches maintenu par des piquets. Son. Clayonnage.

GRUME, n. fém. Nom donné, après l’abattage, au tronc débarrassé de son houppier et de ses racines, mais ayant conservé son écorce. Écorce laissée sur le bois coupé.

HOUPPIER, n. masc. L’ensemble des branches d’un arbre dont le tronc est nu. Par extension arbre dont on a coupé toutes les branches du tronc pour ne laisser subsister que celle du sommet ou cime.

LIERNE, n. fém. Pièce de bois liant en diagonal deux pièces de bois parallèles. Deux liernes croisées forment une croix de saint André.

LONGRINE, n. fém. Pièce de bois longitudinale et horizontale d’une construction où viennent s’appuyer à angle droit les traverses et en diagonale les liernes.

MARTYR, n. masc. Pièce de bois placée sous une autre destinée à protéger le tranchant de l’outil quand celle-ci est façonnée ou percée.

MERLIN, n. masc. Hache d'ongle fer est étroit, lourd et épais et épaisse, en firme de coin, destinée à fendre le bois.

PALIS, n. masc. Ensemble des poteaux ou des piquets d’une palissade, d’une clôture.

PERCHIS, n. masc. Espace planté de jeunes arbres très droits ne dépassant pas 25 cm de diamètre et de 15 à 20 ans d’âge. Synonyme : gaulis.

P. H., n. masc. Initiales de Paraboloïde-Hyperbolique, figure géométrique en courbes, réalisée à l’aide cordelette, destinée à décorer une construction.

PLATELAGE, n. masc. Plancher généralement horizontal, d’une charpente, d’une construction : Platelage d’un pont.

STÈRE, n. masc. Mesure de cubage du bois contenu dans 1 m3. Avec des bois non équarris (cylindriques), sa masse et son volume réels ne correspondent pas à cette unité, en raison des vides laissés entre les pièces qui varient selon leur diamètre et le mélange éventuel d’essences de densité différente. Par analogie : pile parallélépipèdique composée de bûches d’un mètre de long.

TABLIER, n. masc. Plate-forme supérieure d’un pont supportant la chaussée.

TAILLIS, n. masc. et adj. Bois coupés à intervalles réguliers constitués d’arbres de faible dimension obtenus de rejets de souches et de drageons. Les taillis sont coupés tous les 15 ou 20 ans pour la production de charbon de bois.

TÊTARD, n. masc. et adj. Arbre dont l’extrémité supérieure du tonc est renflée en forme de tête par la taille régulière des jeunes branches qui drageonnent : saule têtard. Arbre dont la couronne est taillée en boule. Syn. : bulteau.

TOUT-VENANT, n. masc. invar. Tout ce qui se présente, qui vient. Matériaux non sélectionnés, ni triés.

TRAVERSE, n. fém. Pièce de bois liant et soutenant à angle droit plusieurs pièces de bois ou métalliques parallèles de plus grande longueur : Traverses d’un pont, traverses de chemin de fer.

XYLOPHAGE, n. et adj. Qui mange du bois. Le termite est xylo¬phage.

CONTRAINTES MÉCANIQUES
La solidité des constructions est directement liée à la résistance aux contraintes mécaniques exercées sur elles. Leur conception et la qualité des matériaux utilisés y contribuent.
Le matériau le plus utilisé pour les constructions de camp est le bois. Chaque essence ou espèce a des qualités qui lui sont propres.

RÉSISTANCES MÉCANIQUES DU BOIS
1. Écrasement
Le bois a une plus grande résistance longitudinale que radiale à l’écrasement.

2. Arrachement
La résistance est la meilleure dans les mêmes circonstances que l’écrasement.

3. Cisaillement
La résistance au cisaillement est fonction de plusieurs éléments :
— résistance propre du matériau dans tous ses axes ;
— nature de la charge : répartie, ponctuelle ou roulante et de sa masse ;
— surface de l’appui ;
— surface de la section de la pièce et épaisseur ;
— fissilité du bois. Attention aux amorces de rupture dans les angles de coupes.

Cisaillement..jpg

4. Résistance aux parasites

5. Résistance au pourrissement

DÉFORMATIONS
Le bois utilisé dans les constructions de camp est assez fréquemment en sève. Au séchage il subit des modifications de sa structure qui peuvent provoquer des déformations plus ou moins importantes. Elles sont négligeables pour les réalisations habituelles car en général, démontées en fin de camp.

N. B. Le bois entreposé sous abri met deux ans et demi pour sécher : H = 15%.

DÉFORMATIONS NATURELLES
1. Gauchissement
Le bois se tord, on dit alors qu’il prend du gauche. Le chêne en est l’exemple.

2. Retrait
En séchant la pièce de bois peut ne plus avoir la même longueur ni la même épaisseur que fraîche de coupe. Le robinier ou faux acacia en est l’exemple.

3. Fendage
Certaines essences, comme le chêne, se fendent en séchant.

4. Fluage
Une pièce de bois entre deux appuis horizontaux, ou de biais entre mur et sol par exemple, subit une déformation en courbe tournée vers le sol. Elle est due à la masse propre de la pièce de bois sur laquelle s’exerce la gravité terrestre.


DÉFORMATIONS MÉCANIQUES
1. Fluage
C’est aussi une déformation mécanique lorsque la pièce est soumise à une charge répartie ou ponctuelle. Il est important de signaler que sous charge, le fluage ira jusqu’à la rupture. La courbe de flexion se mesure par la flèche. C’est la distance qui existe entre l’horizontale ou la verticale et la courbure maximum au centre de la pièce avant rupture. Pour certaines constructions, il y a une flèche maximum de sécurité à ne pas dépasser.

2. Flambage ou flambement (cf. illustr. p. 000)
C’est un fluage s’exerçant dans le plan vertical. Il se remarque particulièrement avec des pièces très longues et très minces. Exemple : si on lie un poids à l’extrémité la plus mince d’une canne à pêche, lorsqu’on la tient dressée, il est attiré vers le sol.

Le flambage se fait librement dans les constructions telles que mâts et tours ou entre deux appuis (platelage de pont par exemple). Il est compensé par la rigidité de l’espèce de bois employé.
Parfois, dans des constructions travaillant en flexion, il est recherché. On l’empêche le plus souvent car l’édifice peut se mettre à vibrer et s’écrouler. Il est augmenté par le hiement : c’est la déformation exercée par le vent.
Efforts en flexion..jpg

Ces déformations sont aussi appelées déformations pantographiques. Lorsque la liaison des angles d’un quadrilatère permet le jeu des pièces l’une sur l’autre, il s’aplatit sous une poussée.

Elles sont contrées par :
— jambes de force ;
— écharpes ;
— croix de saint André ;

Déform., écharpe, X.jpg
— contre-fiches ;
— liens ou esseliers.

Esseliers.jpg



CONICITÉ ADMISSIBLE DU BOIS DE CONSTRUCTION
Les installations de camp sont presque toujours réalisées en bois rond. Les troncs ne sont pas des cylindres parfaits. On peut considérer que le fût d’un arbre est un tronc de cône.

La conicité admissible est de 1 cm par mètre linéaire, en tenir compte dans les constructions. En effet, plus une pièce de bois est longue, plus une des extrémités est mince et faible par rapport à l’autre. Il est bon de préciser que même avec les bois équarris cette conicité se ressent, car plus on s’éloigne du pied de l’arbre, moins la structure interne est homogène. Vers la cime, le bois est plus jeune et plus tendre, la quantité de bois parfait est moindre.

Lors de l’établissement d’un plancher chaque pièce de bois est inversée avec celles qui lui sont juxtaposées. Sinon, on obtient un platelage en éventail (cf. illustr. p. 000), dont un de ses côtés sera plus faible. Le placement tête-bêche des troncs destinés aux longrines et aux traverses donne un platelage droit. La faiblesse d’une pièce est compensée par la force de ses voisines.

Conicité des troncs.jpg

Ériger des constructions dans des conditions idéales n’est pas simple.


DIMENSIONNER LES PIÈCES
Les pièces de bois nécessaires aux constructions de¬vant supporter des charges importantes (tente surélevée, pont), ou d’une grande hauteur (tour), doivent être correctement dimensionnées après étude soigneuse. D’autant plus qu’il faut tenir compte du poids propre, hors charge, de la construction, dans ces calculs.
Un plancher surélevé strictement de la dimension d’une tente de patrouille de 2 m X 4 m de surface au sol, peut peser, en perches d’épicéa de 10 cm de diamètre, 264 kg, (densité du bois = 0,42). Si, on le recouvre de 10 cm de terre pour le confort, il atteindra 1 544 kg, (poids moyen du m3 de terre = 1 600 kg), plus le poids de la tente = 20 kg et enfin celui des campeurs avec leur équi¬pement : entre 70 et 80 kg par personne (toujours prendre le poids moyen d’un adulte comme unité de référence).

On obtient :
— poids du plancher = 264 kg
— poids de la terre = 1 280 kg
— poids de la tente = 20 kg
— poids des campeurs : 8 X 80 = 640 kg
Total : = 2 204 kg
Arrondi à 2 200 kg, qu’on double par sécurité soit : 4 400 kg. Si ce plancher est soutenu sur sa longueur par trois poutres, d’un dia¬mètre compris entre 21 et 23 cm dans leur partie la plus mince, elles pèseront 80 à 150 kg chacune selon l’essence employée. Il est facile d’imaginer la masse totale de la construction terminée.

Ne pas hésiter à surdimensionner la taille des matériaux, l’inverse est DANGEREUX.

Les tableaux, indiquant les poids d’une bûche d’un mètre selon différents diamètres, vous permettront de calculer rapidement la masse des ouvrages. N’oubliez pas de tenir compte de la conicité pour chaque mètre linéaire.

Poids bûche.jpg

Le graphique et les tables des « CHARGES ADMISSIBLES DE SÉCURITÉ » sont des outils indispensables.
Abaque.jpg
Charges admis..jpg

Exemple d’utilisation des tables.
On veut faire franchir une coupure de terrain de 4 m de large par une charrette tracté par un cheval ayant une charge utile de 500 kg.

Calcul de la charge = (poids de la charrette à vide + poids de la charge + poids du cheval + poids du conducteur + poids du platelage avec son revêtement) X 3 par sécurité.
Longueur de la portée = largeur de la coupure de terrain = 4 mètres.

Largeur de la portée = 3 m (par exemple). Elle est divisée par une quantité prédéterminée de longrines, ex : 2, 3 ou 4. La charge totale est divisée par ce nombre.

Poids de la charrette = 250 kg
Poids de la charge = 500 kg
Poids du cheval = 850 kg
Poids du conducteur = 100 kg
Total : = 1 700 kg

Poids du platelage + son revêtement = 2 500 kg

1 700 kg + 2 500 kg = 4 200 kg x 3 (par sécurité) = 12 600 kg = charge admissible de sécurité supportée par le tablier du pont.
12 600 kg / 4 (nombre de longrines) = 3 150 kg = charge admissible de sécurité supportée par chaque longrine.

Cherchez sur les tables le diamètre pouvant supporter 3150 kg sur une longueur de 4 m.

Si vous ne trouvez pas exactement ce nombre, prendre celui qui lui est immédiatement supérieur.


Autre exemple purement indicatif.
Pour un pont de 15 m de portée et de 6 m de large, ayant une charge maximum de sécurité de 50 t, il faut 4 troncs de 70 cm de diamètre.

Les arbres pouvant fournir de tels troncs sont assez rares en France.

Le graphique permet de déterminer les diamètres qui ne figurent pas sur les tables. Nous recommandons de le recopier et d’y ajouter les mesures intermédiaires.

DERNIÈRES PRÉCISIONS
Les portées sont toujours calculées entre appuis.
La longueur des appuis est au moins égale au diamètre de la pièce et ne doit jamais être inférieure à 5 centimètres.
Le calcul du diamètre nécessaire se fait toujours sans l’écorce (même si elle est conservée) et en milieu de portée. Mais, il est plus sûr de le faire sur l’extrémité la plus mince.

Prendre toujours le diamètre immédiatement supérieur à celui défini.
Exemple : diamètre défini = 18 cm, prendre : 19 ou 20 cm.


N. B. Les bois en sève sont plus flexibles et élastiques et, beaucoup plus lourds. Ils se déforment davantage sous charge et conservent cette défor¬mation en séchant.

• Attention aux bois riches en gros nœuds (Φ < 2 cm), ils affaiblissent leurs résistances mécaniques. Se méfier des arbres jeunes, car leurs branches sortent du tronc à faible hauteur du sol, en particulier chez les ré¬sineux : principalement le sapin, le mélèze et l’épicéa. Cependant, en forêt cultivée ces arbres sont débarrassés très tôt des branches qui rejettent, afin d’obtenir des fûts de grande qualité dont seule la partie supérieure comporte encore des nœuds de grand diamètre.

CHARGES
Elles sont :
PONCTUELLES
Quand elles sont placées sur un seul point de la longueur ou de la surface.

RÉPARTIES
Quand elles sont placées sur toute la longueur ou la surface.
Sur un banc, la charge est ponctuelle ou répartie selon le nombre de personnes qui y sont assises.

Charges ponct. et rép..jpg

PERMANENTES
Si elles durent au moins la moitié du temps d’application (cas des tentes surélevées). Et ce sont aussi : le poids propre de la structure, le poids des planchers avec ou sans revêtement.

TEMPORAIRES
Toutes celles qui ne durent pas, c’est-à-dire toutes les surcharges passagères. Elles sont dues :
- au vent ;
- à la neige.

Une table ou un siège sont des exemples concrets de structures qui subissent des charges temporaires dans la vie quotidienne.


ADMISSIBLE DE SÉCURITÉ
C’est la charge maximale que peut supporter un ouvrage avant que sa structure subisse une déformation importante. Elle varie selon les cas de 1/4 à 1/6 de la charge de rupture.

D’UTILISATION
Elle est inférieure ou égale à la moitié de la charge admissible de sécurité.

Claude Ponthieu
Ceinture blanche en BJ
Ceinture blanche en BJ
Messages : 45
Enregistré le : jeu. 14 juin 2018 13:22

Re: LE MATÉRIAU « BOIS »

Message par Claude Ponthieu » dim. 9 sept. 2018 16:15

Notions sur le travail du bois
Fichiers joints
Notions sur le travail du bois.pdf
(497.02 Kio) Téléchargé 15 fois

Répondre

Retourner vers « Le bois »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité