LE COUTEAU

Couteaux et coutellerie pour le bushcraft.
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Nihil cogito
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LE COUTEAU

Message par Nihil cogito » ven. 14 sept. 2018 11:18

LE COUTEAU
Il y a environ 45 000 ans, l’homme inventa le couteau. Las de se couper avec une lame de silex non protégée, il eut l’idée de l’emmancher à l’instar des armes d’hast et de jet déjà inventées. Les hampes de ces armes étant encombrantes et lourdes pour de menus travaux, il pourvu donc les petites lames de pierre d’un manche plus court, guère plus long que la largeur de sa main, plus maniable et ergonomique. Déjà, il lui donna sa forme définitive. Il fallut attendre environ 40 000 ans pour découvrir et maîtriser la métallurgie. Au début, les « lames » de pierres furent copiées à l’identique, puis à mesure que s’affinaient les connaissances et le savoir-faire, on les modifia en taille et longueur selon les besoins, avec plus ou moins une recherche esthétique, tout en conservant le principe d’une lame emmanchée , même avec toutes ses variantes de styles, de tailles, de formes, de couleurs selon les régions, les nations, les modes. Si les matériaux évoluèrent, la forme originelle et fonctionnelle resta, en dépit des spécialisations et des modes peu ou prou fantaisistes.

Pour ceux qui n’en ont pas, il confère une aura quasi magique et prestige à son possesseur et davantage encore, s’il sait s’en servir.
Selon l’environnement on a d’abord besoin d’un couteau de taille modeste fixe ou pliant pour des usages usuels et un plus fort, substitut à des outils légers de forestier, serpe ou sabre d’abattis, ou de couteau de boucher. Il faut cependant sortir des mythes hollywoodiens comme ceux de Bowie ou de Rambo.
Usages courants :
1. Couper.
— bois fin ;
— ficelle ;
— fromage ;
— fruits ;
— légumes ;
— pain ;
— peau animale ;
— papier :
— saucisson ;
— textiles ;
— viande.
2. Étaler.
— beurre ;
— confiture ;
— pâté.
4. Curer.
5. Écorcer.
6. Gratter.
7. Lisser.
8. Percer.
9. Polir.
10. Raboter.
Quelle longueur de lame.
Pour la plupart des tâches usuelles, on constate que la longueur de la lame est égale ou à peine supérieure ou inférieure à celle du manche. Plus une lame est longue, plus elle perd en précision, en maniabilité et ne gagne pas forcément en force.

Ses qualités :
— très solide ;
— peu onéreux ;
— facile à affûter ;
— adapté aux besoins ;
— dans un étui fiable.
Celui-ci pourvu d’un dispositif permettant d’y accrocher une dragonne.

Liste de couteaux, non exhaustive :
— à agrumes ;
— à champignons ;
— à cran d’arrêt ;
— à dépouiller ou à écorcher avec ou sans crochet à peau ;
— à désosser ;
— à écussonner ou à greffer ;
— à éplucher dit « économe » ;
— à filets (pour le poisson) ;
— à fromage ;
— à fruits (ou à dessert) ;
— à huîtres ;
— à jambon ;
— à la d’Estaing ;
— à ouverture automatique ;
— à pain ;
— à parer ;
— à pied demi-lune ;
— à plume (ne sert plus depuis l’invention de la plume métallique et du stylo à bille) ;
— à poisson ;
— à surgelés ;
— à trancher ;
— de chasse ;
— de camp ;
— de combat ;
— de peintre :
— de plongée ;
— de poche, pliant, à une ou plusieurs pièces ;
— de sommelier ;
— de survie (soi-disant) ;
— de table ;
— de tranchée ;
— de traite ;
— d’office ;
— ulu.

Toutes ces spécialisations nous les demandons parfois à un seul, c’est pourquoi nous devons rester logique dans notre choix en privilégiant l’activité principale.

Quel est le meilleur ?
Celui que vous avez, parce que vous n'avez d'autre choix, au moment où vous en avez un besoin vital.

Si vous choisissez d’aller dans la nature vous emporterez celui qui vous convient. Si vous êtes contraints d’y aller ou que vous êtes confrontez à une situation précaire aussi brutale qu’inattendue, il vous faudra peut-être en improviser un.

L'idéal est celui dont vous savez le mieux vous servir avec efficaité pour presque toutes les tâches que vous lui demandez.

Pour le couteau faites-vous plaisir selon vos moyens, maintenant ou plus tard.

À propos des manches creux :

Parfois utile pour y ranger de menus objet, qu'on finit par perdre quand même. Si c'est pour le transformer en arme d'hait ou de jet (épieu ; lance ou harpon), en engageant une hampe. ?e rêvez pas, sauf être bien formé à ces techniques, c'est dangereux pour vois que pour l'animal.
En cas de bris de la hampe, l'animal s'enfuit avec votre seul couteau. Si par chance, vous pouvez le récupérer, impossible de retirer le moignon de branche, coincé dans le mancle, sans le détériorer. S'im peu constituer un épieu convenable, ça lame ferait un mauvais harpon, car dépourvue de barbelures.
Le pliant monolame
Couteau nomencl..jpg
Quelle forme de lame choisir ?
Formes de lames.jpg
Sur le tableau des formes de lames, les deux premières ont plus leur place dans la poche d’un voyou, car elles sont conçues davantage pour percer que pour couper, de plus leur pointe est très fragile. Les trois suivantes sont des formes plus fonctionnelles que l’on rencontre du couteau de cuisine jusqu’au couteau savoyard. Le plus connu est l’Opinel®, d'ailleurs la forme de sa lame est une synthèse des trois. La forme dite : yatagan, est réservée aux couteaux auvergnats dont le plus célèbre est le Laguiole®.

ATTENTION, sa pointe est assez fragile. La forme de sa lame rappelle peut être celle du sabre turc, en réalité, cela ne correspond à rien dans l’histoire de la coutellerie. Au musée des Antiquités Nationales de Saint Germain en Laye, on peut voir que ce profil est connu depuis l’âge de bronze. La dernière lame présentée, dite en pied-de-mouton, que certains préconisent, a les inconvénients illustrés par la figure ; par contre, son tranchant droit est très apprécié des marins.
Couteau usages.jpg
Ne figurent pas parmi les silhouettes, les pointes « mousses » (arrondies) des coteaux de table. Cette forme fut imposée pour éviter que les convives se curent les dents avec et les débordements des onversations à « couteaux tirés ». Sont aussi absents, les tantos dont la connaissance du grand public est récente et est quelque peu un attrait pour l’exotisme dont on fit une mode.

Quelle largeur de lame ?
Une lame en dessous de quinze millimètres de large est peu pratique et manque de souplesse, car son manque de largeur sera compensé par une épaisseur plus importante afin de lui conserver une certaine rigidité. Le couteau sert aussi à tartiner, une lame plus large facilite cette opération.
UTILISATIONS CORRECTES
Son utilisation est tellement familière qu’il n’est pas indispensable de trop s’y étendre. Il faut cependant veiller à respecter des règles élémentaires de sécurité.

SÉCURITÉ
— Toujours bloquer la lame en position ouverte au moyen de la virole. Sinon, la lame peut se refermer sur les doigts.
— Toujours travailler en éloignant de son corps, le tranchant et la pointe.
— Il ne doit y avoir personne devant la lame.
— Les déplacements, même sur courte distance, se font avec le couteau fermé.
— Ne jamais lancer son couteau pour le planter dans un arbre ou jouer à la carotte (pichenette) :
l’arbre est vivant ; le couteau peut se perdre ou se casser ; on peut se blesser ou blesser quelqu’un.
CE QUE LE COUTEAU N’EST PAS :
— un tourne-vis ;
— un ouvre-boite ;
— une pelle ou une pioche.
Couteau usages 2.jpg
ENTRETIEN
Ne jamais chauffer la lame du couteau elle se détremperait et perdrait toutes ses qualités.
Le logement de la lame dans le manche est régulièrement nettoyé avec une curette en bois.

HUILAGE
Mettre de temps à autre une goutte d’huile dans la virole et sur le pivot de la lame.

AFFÛTAGE
Quelque soit la forme de l’émouture, l’angle du tranchant formé par les côtés de la lame fait environ 20 °. Sur chaque face, on veillera à maintenir la pierre sous un angle de 10 ° pendant l’affûtage. Un angle trop fermé fragilise le tranchant.

TRANSPORT
Dans les poches s’accumulent des débris divers, quand le couteau y est transporté, ils viendront encrasser le logement de la lame, cet inconvénient est évité par le port dans un étui. On peu l’acheter ou le fabriquer.
Couteau étuis..jpg
Couteau étuis..jpg (20.66 Kio) Vu 55 fois
COUTEAUX MULTI-PIÈCES
Ils sont très pratiques, mais plus il y a de pièces, plus elles sont petites et moins elles sont efficaces. Des pièces trop petites ne remplissent que très rarement les fonctions pour lesquelles elles ont été conçues ; sauf, si on veut traîner un couteau de plusieurs kilos.

COUTEAU DIT DE SURVIE.
Il n'existe qu'à fins commerciales, comme dit pus haut :« le meilleur est celui que vous avez ». Il faut garder à l’esprit que vous aurez les mêmes besoins qu’à l’ordinaire. De surcroît, ils dépendent de la région où on se trouve.
Le commerce et les publicités vantent des couteaux spectaculaires estampillé Survie, qui sont la solution miracle à tous les problèmes… sur les vidéos. S’il n’est pas interdit de se faire plaisir en satisfaisant ses fantasmes, ils ne sont en rien magiques. L’important est de bien s’en servir.

Toutefois, les gros couteaux de camp ont une certaine polyvalence en se substituant, sans vraiment les remplacer, à quelques outils : serpe ; hachette ; machette ; plane ; coin à fendre (technique du bâtonnage) ; pied de biche ; battoir ; marteau ou pilon s’ils ont un pommeau massif ; pelle rudimentaire ; etc. Ils sont presque toujours pourvus d’une garde traversière ou d’un quillon gênants pour racler une peau.
Il ne faut pas non plus leur en demander plus que ce pourquoi ils sont faits. Tout casse si on y met les moyens suffisants.
Ceux qui ne connaissent que les couteaux de table, ont intérêt à se familiariser avec les autres et à leurs usages.
Modifié en dernier par Nihil cogito le sam. 15 sept. 2018 09:39, modifié 1 fois.

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Le Quercus
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Re: LE COUTEAU

Message par Le Quercus » ven. 14 sept. 2018 17:52

Il est possible d'ajouter dans les formes de lames le "tanto" qui est notable et de plus en plus répandu y compris dans les productions coutelières occidentale.
Les lames courbes type serpette dont Opinel fabrique depuis des années, d'excellents modèles...
Au départ, tous les Plus grands Chênes étaient de petits glands ;)

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Re: LE COUTEAU

Message par flexo » ven. 14 sept. 2018 18:44

DSC06087.JPG
C'est pas parceque c'est pire ailleurs que c'est mieux chez nous!
:flexo:

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Didier Super

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Re: LE COUTEAU

Message par Nihil cogito » ven. 14 sept. 2018 19:29

Oui on peut évoquer les mérites et défauts de toutes les formes et dimensions de lames : griffes, ondulées, falciformes à tranchant externe ou interne, dentées, etc., d'ici et d'ailleurs avec toutes leurs variantes et toutes les combinaisons possibles entre elles, pointe surbaissée ou surélevée. Plus nous en dirons, plus nous instaureront l'incertitude sur quoi choisir, mais c'est toujours bon à savoir.

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