J'avais jusqu'à présent tendance à penser qu'internet et les multiples sites de vente d'outils coupants à notre disposition aboutissent à une offre tellement pléthorique qu'on se détourne de la simplicité et de la rusticité (il suffit que le truc coupe) pour aller vers toujours plus de qualités d'acier, d'équilibre et de formes de lame, etc.
Certains bushcrafteurs se sont intéressés aux outils traditionnels européens : voir la vidéo de l'Indomptable Dauphinois sur la serpe. Du coup je me disais : avant l'outil coupant à tout faire du paysan et du bûcheron européens, c'était la serpe et on s'en contentait.
Mais en fait, quand on consulte les catalogues des anciens taillandiers, on se rend compte que la diversité de l'offre a longtemps existé, avant que l'industrialisation ne mène à une standardisation des formes telle que celle de la serpe italienne qu'on trouve dans tous les magasins de bricolage actuellement. Il y avait des dizaines de formes de serpe au catalogue des anciens taillandiers. Le catalogue Experton-Rivollier (Isère) en a contenu jusqu'à 350 modèles, d'après Mariel J.-Brunhes Delamarre dans son livre "La vie agricole et pastorale dans le monde".
On peut avoir une idée de cette diversité en accédant au catalogue de la taillanderie Talabot de 1960 :
https://www.billhooks.co.uk/app/downloa ... 8FR%29.pdf
et celui de la taillanderie de Toucy (Yonne) :
http://www.fangpo1.com/Taillanderie_Toucy1.pdf
Par ailleurs, comment expliquer que la forme des outils efficaces en bushcraft soit seulement issue des régions orientales ? Et bien en fait, regardez ces outils français, qui ressemblent beaucoup aux outils orientaux type parang, bolo...




Et quelques pièces d'un collectionneur d'outils français anciens, avec le poinçon de la taillanderie :

En fait l'art des outils coupants est plus universel que je l'imaginais.
Qu'en pensez-vous ?
Baptiste

