Un petit condensé à la demande de notre ami Blizzard :
En faisant mon petit tour du matin dans le village et ses alentours, je croise un bon gros ragondin coincé dans le piège du fermier du coin. Je décide donc d'aller le prévenir, puis sur la route je me dis, tiens pourquoi ne pas le récupérer pour m'essayer au tannage. Retour au piège avec le fermier, là je vous passe les détails. Puis je récupère la bête. Un petit tour sur le oueb pour voir la marche à suivre. Plusieurs méthodes bien différentes pour le tannage. Je décide de ma faire la main avec un tannage végétal.
Donc dans l'ordre :
- saigner ;
- dépouiller ou écorcher ;
- décharner (dur dur) ;
- dégraisser (bain chaud et lessive) ;
- congeler (car pas le temps de passer direct à l'étape suivante) ;
- tendre puis saler (une semaine)
- tannage végétal
la bête saignée :
Le dépouillage :
voici une petite explication de la méthode que j'ai suivie pour le dépouillage.
Le mieux est de se servir d'un petit couteau qui coupe très bien, un opinel N°10 c'est top
La bête aura été pendue par les pattes et saignée bien avant le dépouillage, sinon un coup de surin en trop et c'est toute la peau qui est souillée de sang.
1) en rouge : Couper proprement la peau autour des membres et de la tête. Il faut faire gaffe à pas y aller trop fort, ne pas couper de tendons, de muscles, sinon quand on va tirer sur la peau pour la décoller, il restera plus que les os
2) en vert : Il faut ensuite découper la peau de façon à pouvoir garder la plus grande surface possible, avec le dos de la bête au centre. On commence donc par l'intérieur des cuisses jusqu'à l'appareil génital. Puis en partant de l'appareil génital jusqu'au cou. Il reste ensuite à couper l'intérieur des pattes avant, le plus près possible de la tête. Pour couper facilement la peau et sans arracher tout le reste, il faut passer deux doigts dans la bête avec la main libre, puis écarter les doigts pour laisser la place à l'autre main de glisser la lame, tranchant vers l'extérieur, ensuite il n'y a plus qu'à descendre les deux mains en même temps et ça vient tout seul.
3) La peau doit être bien découpée, il reste à « déshabiller ». On commencee par les pattes arrière, si l'étape précédente a été bien faite, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Il faudra peut être ressortir le couteau pour couper certains tendons ou certains bouts de chair qui empêcheraient la peau de se décoller, mais le couteau doit rester le plus souvent possible rangé (risque de percer la peau etc ...).
4) Une fois la peau retirée, il faut la décharner (enlever les restes de barbaque et de graisses). Il faut donc bien étaler la peau sur le dos, sur une surface assez lisse. J'ai utilisé un tronc sans écorce. Je me suis servi de mon opinel pour décharner mais si vous avez une plane sous la main c'est mieux. Cette étape est chiant et longue, il faut faire vraiment gaffe pour ne pas percer la peau.
Avec du recul, un outil coupant, c'est pas top, le mieux est d'utiliser quelque chose avec un angle vif mais non tranchant (ex : vieille lime ...)
décharnée :
côté fourrure :
Le tannage
J'ai donc salé la peau et l'ai étirée, histoire d'être conservée en attendant le tannage.
J'ai ensuite préparé une bonne dose d'écorce et de petit bois vert (chêne), c'est le rab qu'on voit sur la photo, j'en ai utilisé beaucoup plus, je venais de recevoir mon BK9 j'arrivais plus à m'arreter
Que j'ai fait infuser pendant une petite heure, histoire de faire sortir le tanin.
Et hop on plonge la peau.
Pour contrôler le tannage au fil du temps, il suffit de couper un petit bout de la peau (près de la nuque par exemple) afin de voir si le tannin a pénétré jusqu'au cœur de la peau. Une fois que le tannin a bien pénétré, la peau est retirée rincée et égouttée.