Le prix d'un couteau forgé à la main peut valoir 300 €, ça n'a rien de choquant, le même prix pour un autre découpé à l'emporte pièce et juste passé à la meule, c'est de l'arnaque. Si on ajoute un étui en cuir repoussé (pas matricé) et cousu à la main, il est normal que les prix grimpent.
Au-delà de la marque prestigieuse à la mode, il ne faut pas oublier le temps passé, le coût des matières premières, l'art et le talent de l'artisan, ces deux derniers n'ayant pas de prix. Sur une commande particulière où le client demande le mouton à cinq pattes sans tenir compte des difficultés, s'il est casse attributs virils, si l'artisan se pourrit la vie, pourquoi le travail serait gracieux ?
Payer un jean d'une certaine marque 100 €, alors que dans son pays d'origine il en vaut le quart, que celui qu'on trouve dans nos boutiques est fabriqué dans un pays où la main d'œuvre ne vaut rien et les protections sociales quasi inexistantes, oui il faut être stupide pour l'acheter. Tant qu'il y aura des … pour payer, pourquoi se priver ?
En 1963 un Opinel® n° 7 sans virole valait 3,5 F. Aujourd'hui un Opinel de série normale vaut 10 €.
En 1963 le Smig horaire était de 1,8820 F, aujourd'hui le Smic horaire est à 9 €.
Les artisans ne travaillent pas au Smic.
Pour le citadin, le couteau fait partie de la panoplie de la gouape, de l'apache des fortifs et son fameux 22, du blouson noir, de la racaille, c'est pourquoi ailleurs que dans la cuisine sont possesseurs est considéré comme un individu dangereux.
Je me répète, les plus fautifs sont ceux qui disent : « J'ai ça, sans point de salut, tu as vu ce que toi tu as. » Si la fonction crée l'organe, la pub crée le besoin.
Nous avons abdiqué le droit du citoyen à porter une arme, pour devenir des sujets.