Si la prise de conscience est brève c'est parce que la routine et les contraintes du quotidien reprennent le dessus. Les préoccupations d'un chargé de famille ne sont pas les mêmes que celles d'un célibataire, celles d'un étudiant de celles d'un actif. On informe, mais paradoxe on empêche de penser et d'agir, sauf pour militer à d'autres fins. On endort les consciences avec les factures à payer, les congés payés ou la couleur du string d'une-telle, quand ce n'est pas les secrets d'alcôve du voisin. Surtout, il faut continuer à obliger les gens à traverser dans les passages pour piétons, à ce rendre à tel spectacle ou rencontre sportive « incontournables » ou « tendance », à acheter la lessive qui lave plus blanc que blanc mais qui pollue.
Tout est fait pour freiner les initiatives : « Ne vous inquiétez pas, nous les élus, nous sommes là pour penser et agir à votre place, ne vous en mêlez pas, nous somme là. » Après on s'étonne que les gens aient pris l'habitude d'être tenus par la main. La société que nous avons voulue et créée, n'engendre que des paralytiques décérébrés. Ô sacrilège, ô lèse majesté, il y en a qui osent se prendre en main, vite conduisons ces rebelles dans des camps de rééducation, la police de la pensée veille.
Le prétendu survivaliste n'a souvent pas le paquet de bougies, s'il l'a, il n'a pas de quoi les allumer. Pas d'allumettes ni de briquet à la maison, il ne faut pas que les enfants jouent avec. S'il a des choses en plus, il est très souvent en contravention avec la loi, seul le rebelle l'ose, mais il est sous la menace perpétuelle d'une dénonciation de braves gens bien intentionnés.
Nous ne referons pas l'humanité, ni ne réveillerons en sursaut les narcoleptiques.