Quand je pense que dans la jeunesse de certains ici, après avoir rêver à la lecture des œuvres de James Curwood, Fenimore Cooper, Jack London, Jules Verne, nous nous équipions en pensée grâce au catalogue de Manufrance, d'ailleurs beaucoup de parents pour être tranquilles l'offraient à leurs fils. Pourtant, le choix déjà considérable, n'avait rien à voir avec celui d'aujourd'hui. Nous étions bien contents d'y trouver quatre ou cinq modèles de sac à dos tous dans la même couleur, guère plus de lampes de poche, de sacs de couchage, de popotes, etc. Quelques couteaux pliants, guère plus de droits, un ou deux « multitools » qui n'avaient en plus qu'une clef à molette ou une pince multiprises et un tournevis. Bien sûr, il y avait les inévitables couteaux suisses. Sans parler des articles de chasse et de pêche. Aujourd'hui le moindre catalogue proposent plusieurs dizaines de chaque dans presque autant de coloris, de dimensions et de prix.
Quant aux commerces, s'il y avait quelques surplus, le reste était portions congrues : le Vieux campeur1 pour les Parisiens et les Lyonnais, bien qu'il vende par correspondance ; le BHV (toujours pour les Parisiens) ; les magasins La Hutte et quelques boutiques spécialisées, très localisées selon l'opportunité touristique. À présent, il y a pléthore plus internet ; même les grandes surfaces proposent du matériel de plein air, dès que la belle saison approche.
1Qui était encore modeste et dont les vendeurs ne se contentaient pas de vendre.
Eh oui ! à l'époque nous faisions avec ce que nous trouvions beaucoup plus qu'aujourd'hui. Il n'était pas question de faire trop le difficile parce que la couleur ou la conception ne nous plaisaient pas. Toutefois, la pacotille clinquante était plus rare.
Alors, je m'interroge sur l'indécision de beaucoup, sont-ils déjà blasés ? S'il n'est pas dommage d'avoir le choix, pourquoi hésiter ou s'en plaindre ?


