À la lecture de quelques postes on constate des velléités de bushcrafter dans le luxe, notamment à propos du bivouac : tels croient indispensables le hamac, plus l'oreiller et maman, ou l'accorte voisine, qui vient les border en leur chantant une berceuse avant de leur faire un gros bisou sur le front, voire plus selon la personne.
Le reste du matériel est à l'avenant, ils ne jurent que par les marques prestigieuses alors que, la plupart du temps, ils savent à peine les utiliser. Le bushcraft par définition se veut rustique, surtout que pour la grande majorité, c''est en général un exutoire à leurs frustrations de citadins embourgeoisés ; un loisir occasionnel à la portée de tous sans se ruiner. Seulement voilà, on se crée une image onirique de ce que d'autres vraiment expérimentés veulent bien montrer, c'est-à-dire l'appartement témoin en oubliant de préciser que les lieux d'aisances sont au fond de la cour. Alors on veut la même chose tout de suite, souvent dans la surenchère, pourtant ça ne confère l'art à personne. Après 5, 10, 20 ans, d'avantage encore, de pratique, peu ou prou, de cette activité, il est normal d'être équipé de matériel performant acquis au fil du temps et des besoin réels ; ce qui ne veut pas dire que c'est le dernier cri de la technique et de la technologie. Toutefois, de ce que chacun vit, rien n'est définitif.
Si on veut le même confort qu'à la maison et que quelqu'un pense à sa place, que tout soit pris en charge, les clubs de vacances et d'activités nature, sont là pour ça : leurs prestations sont à la mesure du prix payé.
Celui qui teste vraiment la rusticité, œuvrera pour son confort s'il le peut et surtout le veut.
Quant aux fétiches, gri-gris, talismans, ça ne rassure que l'ego quand on y croit, à la rigueur des amulettes si on veut s'attirer la bienveillance du dieu du feu quand on est pas doué pour l'allumer.
Ceci pour faire remarquer à certains que vouloir s'identifier aux coureurs des bois en emportant l'évier et son eau chaude, me laisse quelque peu dubitatif. Certes, nous vivons une époque formidable qui met un choix énorme à notre disposition, nous aurions tort de ne pas en profiter, toutefois les excès sont rarement bénéfiques.
Il faut rester pragmatique en toutes circonstances, l'onanisme cérébral n'a jamais tracé autre chose que des plans sur la comète.



