Tout d'abord, merci à Victor d'avoir créé cette opportunité de week-end !
Une belle aventure, des petites mésaventures, des progrès, et de très bons moments : )
Date et météo : départ vendredi 4 août à 7h45, retour samedi 5 vers 17h. Une météo favorable : ensoleillé avec des passages nuageux, pas de pluie sauf du crachin au milieu de la nuit … juste pour mettre à l'épreuve mon système de couchage !
Localisation : Bretagne, en bord de mer, avec un camp de nuit dans un champ d'herbes sèches, et une zone de jour dans une petite crique. Donc pas de feu (interdit sur les plages, et dans le champ, même avec une tonne à eau, je n'utiliserais pas de réchaud). Et pas d'eau disponible sans soupçons de résidus phytosanitaires. D'où mon choix d'emporter toute l'eau et de cuisiner cru … sauf un ingrédient à cuire dans un coquillage à la bougie, testé avant le week-end. Des terrains que je connais à peu près, et où j'ai pu me rendre à pied (pas en voiture) … et je dois dire que j'ai fait pas mal de balades de reconnaissance dans le secteur !
Ce que j'ai emporté
En plus du matériel « au cas où », de mon appareil photo, et de pas mal de vêtements :
De l'eau : 6 gourdes/bouteilles de contenances diverses, total 6 litres
1 cake polyvalent, avec 1 côté chocolat, 1 côté fromage, et au milieu des fruits secs
Mon couteau dans son étui
1 bloc cylindrique de cire d'abeilles sans mèche
1 boite d'allumettes
2 mèches à bois à embout hexagonal, de 4mm et 3cm de diamètre.
Mon adaptateur hexagonal → douille, transformant les mèches en tarières à douille.
Pas de montre. Pour avoir une idée des temps de réalisation, j'ai les heures des photos, et j'enregistrerai des messages vocaux sur mon appareil photo.
Tressage : un panier
J'avais prévu un panier à fond plat, mais les branches étaient trop cassantes. Et j'ai modifié le système de fixation des montants en cours de réalisation, pour profiter de l'écorce qui se détachait bien.
Temps de réalisation : 3h.
Tressage : mèche à bougie
En cas de souci avec le panier, j'avais prévu une réalisation de vannerie « roue de secours », un truc facile, vite fait, et qui marche à tous les coups.
Avec quelques brins de graminée : 1 mèche en moins d'une minute (photo de la bougie prise l'après-midi). Et une déco pour mon camp (à droite), avec le séchage complémentaire des brins restant … au cas où la mèche du matin serait trop humide !
En plus, ça me permet d'emporter juste un bloc de cire d'abeilles, pas une vraie bougie … la bougie est un produit plus technologique, et Victor veut du basique ; )
Repas complet
Le menu prévu avant le départ était :
Taboulé des prés : graines de plantain cuites, racines de plantain, et herbes et fleurs des champs
Tartare de la mer : patelles, algues et épinard de mer
Pommes sauvages (les mûres n'étant vraiment pas mûres)
Pas de souci pour le tartare de ma mer, j'avais vérifié avant la présence des ingrédients sur le site de pêche. Sur les 20 patelles pêchées, j'ai pu en manger 19, avec les algues (entéromorphe et goémon) et de l'épinard de mer.
Pas de souci non plus avec les pommes, pas très mûres mais mangeables.
Par contre, échec pour le taboulé des prés : j'avais pourtant fait un test avant sur 2 épis de plantain, et obtenu assez de graines pour remplir une coquille de patelle, et les cuire avec de l'eau, à la bougie. Mais vendredi, ça s'est mal passé. D'abord, malgré la récolte de plus de 20 épis de plantain, le vannage du grain a eu un rendement médiocre, j'en ai eu juste de quoi remplir un coquillage. Souci aussi avec les racines de plantain, mises à tremper dans une flaque d'eau de mer pour les nettoyer, pendant le ramassage des patelles. Quand je suis revenue, j'avais oublié mon plantain … dans quelle flaque était-il ??? Vous connaissez l'expression « chercher une aiguille dans une botte de foin » ? Pourtant, je les ai retrouvées !
Après ça, j'ai perdu les autres ingrédients du taboulé en chemin, j'en ai retrouvé une partie, mais j'ai dû retourner en chercher quand-même … perte de temps et fatigue supplémentaires … Le pire : en cherchant à fixer le coquillage contenant mes graines de plantain au-dessus de la bougie, je l'ai renversé dans les galets … il ne m'est resté que quelques graines que j'ai finalement mises crues avec la salade.
Donc rien de consistant qui ressemble à du taboulé, tout juste une salade : laiteron + feuilles de plantain comme base verte, et fleurs de pissenlit, de porcelle, graines de fenouil sauvage, moutarde sauvage, luzerne, vesce … et racines de plantain … sauf que la plus grosse racine était trop ligneuse pour être mangeable, que la moyenne était seulement en partie mangeable ….
J'ai mangé tout ça sur mon camp de jour, une petite crique. A 16h30, pensant qu'il était 18h et que ce serait mon dîner …
Estimation du temps de préparation du repas : 2h30 à 3h.
Cuillère
Pour ma cuillère, j'ai choisi un morceau de racine sur une souche flottée. J'ai commencé une cuillère moyenne sur un gros bout de la racine, et j'ai rapidement abandonné pour viser plus petit. Ensuite, j'ai décidé de garder le crochet après avoir d'abord essayé de m'en débarrasser … A part ça, pas trop de difficulté, un peu quand-même pour le creux de la cuillère au couteau. Polissage léger avec des pierres et du sable.
Temps de réalisation : 2h30.
Abri pour la nuit
De la paille, encore de la paille, rien que de la paille ! Fauchée au couteau.
Matelas en paille et brins de paille à droite et à gauche du matelas sur la photo du vendredu soir. Sur la photo du samedi matin, les brins sont comme une couverture.
Le matelas aurait pu être plus épais, et la couverture en paille aussi, mais je me suis bien endormie, sans avoir froid.
Réveil au milieu de la nuit : un petit crachin !!! Je remets bien toute la paille sur moi. Au bout d'un moment, je commence à sentir le froid …
J'avoue que j'ai regardé l'heure … 4h30. J'ai tenté 3 solutions : 1) donner du mou à ma grosse veste, ça devait faire un peu point de compression. 2) Bien mettre la capuche contre la pluie. 3) Manger un morceau de cake … après ça, je me suis rendormie malgré la pluie qui continuait. Heureusement … j'en avais vraiment besoin, après la grosse fatigue de la veille.
Temps de réalisation estimé : 2h30
Froissartage : une girouette
J'ai eu du mal à trouver un projet de froissartage pour ces 2 jours … parce qu'il y a beaucoup de classiques du froissartage dont je ne me sers pas.
Finalement, j'ai décidé de faire une girouette, et j'ai fait des plans avec la matière première disponible, avant la sortie.
La réalisation a commencé vendredi en fin d'après-midi, avec la coupe d'une branche morte d'orme (je pense) par bâtonnage. A peine 7cm de diamètre. A moitié HS avant de commencer, j'ai eu vraiment mal, et j'ai terminé trempée (qui se moque ???). Donc mini-rinçage à l'eau de mer, difficile remontée vers mon camp de nuit … chargée avec mon panier rempli, pas mal d'eau, et 2 galets destinés à me réchauffer si besoin pendant la nuit, une fois chauffés à la bougie.
Gros doute en cours de route : est-ce que je me suis fatiguée à couper cette branche entièrement, pour qu'elle se fasse emporter par la marée dans la soirée ??? Bécassine bushcrafte, par isa ???
En fait, la mer est montée à 1,5m du bas de la branche.
Samedi matin, percements pour le passage de l'axe de la girouette (3cm de diamètre à la mèche à bois hexa + adaptateur à douille) : traversant dans la branche basse, non traversant et muni par la suite d'une coquille de patelle dans la branche haute, pour que ça tourne avec peu de frottement sur l'axe taillé en pointe.
Découpes diverses … laborieusement, je sentais vraiment la fatigue de la veille. Et puis enfin, une petite coupe dans du saule frais pour la partie arrière de la girouette : facile, super facile de couper du saule frais, après l'orme sec ! Et moins fatigant que de faire les trous diamètre 4mm que j'avais prévus pour y fixer des plumes, qu'il aurait fallu chercher.
Pas évident, ensuite, de faire tenir l'axe bien verticalement, alors quand enfin j'ai vu ma girouette tourner avec le vent, j'ai oublié ma fatigue !
Vidéo de la girouette qui tourne avec le vent :
https://youtu.be/7pGkZxBs4bg
Estimation du temps total : 2h45.
Après-midi farniente
J'aurais pu essayer de revoir ma copie sur les graines ou les racines de plantain, le samedi après-midi, mais j'avoue que j'avais juste envie d'un peu de farniente dans ce joli site. Après tout, Victor a dit « faire plus » !
Donc après-midi détente : cool, s'asperger de l'eau d'une flaque réchauffée par le soleil, cool, se chauffer ensuite sur les pierres chaudes !
Une bonne après-midi récup avant de rentrer avec ma grosse branche d'orme … parce que la girouette, si je n'avais pas prévu de la ramener, je n'aurais pas fait un monstre de 2m55 et plus de 5kg !