Nous ne pouvons éviter de consommer. Le problème est que certains, bien que personne n'y échappe en totalité, sont tellement conditionnés qu'ils ne savent plus désigner l'objet que par sa marque que tous sont normalement censés connaître. Se référer à celles dont le nom propre est devenu commun, est admis puisqu'il s'agit de l'archétype d'un modèle. En revanche, nommer systématiquement par la marque, dénote une certaine paresse ou une volonté ostentatoire d'affirmer son rang social par la griffe si possible prestigieuse. Vous en conviendrez, ce n'est pas très « esprit bushcraft ».
Nous en avons déjà parlé, tous nous sommes victimes plus ou moins consentantes de nos coups de cœur, cependant au-delà, notre premier souci n'est-il pas l'efficience de l'objet ? Est-il acquis pour servir à ce pourquoi il est fait, à jouer à… ou pour être montré en dénigrant presque celui des autres ?
Nous devons avertir de la mauvaise qualité avérée d'un produit quand celui-ci est inefficace, voire dangereux, même en usage normal. Prétendre que tel autre, parce qu'il porte tel nom, est le mieux en le portant au pinacle est personnel et subjectif. On ne peut le nier, il y a toujours mieux et pire. Les arguments pour et contre doivent faire l'unanimité.
Les bonnes comme les mauvaises réputations se font et se défont d'elles-mêmes.
Quant au tour de main, il ne s'apprend pas dans les livres, on y trouve que la conduite à suivre : cent personnes avec la même recette de cuisine, cent saveurs différentes.
Depuis quelque temps, je me demande si le bushcraft ne sert pas de prétexte à une forme d'exhibition. Après démonstration d'une technique, des essais positifs et négatifs de mise en œuvre, d'un savoir-faire, est-ce bien utile de montrer toutes ses réalisations, sauf pour une étape particulière encore non évoquée ou explorée d'une technique ? Je crois qu'à partir du moment où nous avons montré ce dont nous sommes capables, nous n'avons plus rien à prouver dans ce domaine, à part transmettre.
Montrer son chef d'œuvre c'est bien, enseigner comment y parvenir, c'est mieux, non ?
Il y a autant de « bushcraft » qu'il y a de pratiquants.