Bonjour,
Vraiment une superbe réalisation, c'est le premier couteau "bushcraft" que j'apprécie totalement ici.
Honnêtement ce n'est pas un couteau de rêve : il est moche, la lame est biscornue, il y pas mal de chance que le TT soit désormais naze (sous réserve qu'il y en ai eu un) et l'ergonomie n'est pas au top...alors pourquoi je le trouve "superbe" ?
Ben tout simplement parce qu'il est fait dans "l'esprit". Pas de moyens sophistiqués, de meuleuse, de papier avec des saphirs de synthèses, de four, d'enclume, de pince...ou de morceaux d'arbre du fin fond de l'Amazonie : juste de la débrouille. Et, à l'usage, il doit être
suffisant, largement.
A la limite cela aurait été encore mieux si tu avais utilisé de la colle naturelle (glu à base baie, de résine, de corne ou de peau) et renforcé l'ensemble d'un tendon prélevé sur une patte lui même rendu imputrescible par de la glu.De même teindre avec du brou de noix et cirer à la cire d'abeille. Mais là on rentre déjà dans le truc plus complexe moins "direct".
Tu vois, perso j'ai pas mal de couteaux accumulé au cours du temps. J'ai aussi potentiellement suffisamment de connaissance et les moyens financiers (toujours avec le temps) pour fabriquer des couteaux. Mais je l'ai rarement fait :
1. Parce que je ne vais rien "apporter" par rapport à ceux dont c'est la passion ou le métier. Je n'ai pas de "talent". Et moi c'est pas mon truc de bricoler pour faire juste aussi bien que les autres et surtout moins bien. Si j'ai du temps à perdre c'est plus rentable pour moi de gagner des thunes là où je suis comparativement pas trop mauvais et de m'en servir pour acquérir un objet fabriqué par un autre (Un truc qui a à voir avec un certain David Ricardo).
2. Parce que j'ai fabriqué il y a longtemps (vers ton âge) un couteau en partant d'un bête clou de charpentier que j'ai martelé avec deux pierres en le chauffant au feu, refroidissement à l'eau. J'ai fini en écrouissant le truc et en l'aiguisant sur des pierres. Et bien le résultat permettait de faire ce que faisaient nos ancêtres d'il y a trois cents ans avec un couteau : couper. C'était, au moins, aussi utilisable. Je l'ai toujours d'ailleurs.
Après on peut toujours aller chercher le top, se faire plaisir, pinailler, fantasmer, etc....et je ne suis pas le dernier à ce jeu et j'irais bien faire les poches de Gjhallone. Mais ce n'est pas nécessaire au sens premier c'est juste du plus. Sachant que ce plus était aussi recherché par nos ancêtres lointains qui sculptaient déjà leurs outils quand la chasse avait été bonne, qu'il avaient du temps libre ou qu'il leur fallait troquer leur artisanat contre des matières premières absente sur leur territoire et venant de loin comme, par exemple, du silex ou du sel.
Donc et très sérieusement : BRAVO :

Cent français sans couteaux, cent flamands cent couteaux, cent écossais deux cents couteaux.