Lac de Guerlédan, Bretagne (ils ont recommencé !)
Posté : jeu. 4 juil. 2013 03:22
Salut à tous,
Prévu initialement comme une sortie à plusieurs, on se retrouve finalement à deux le jour J, mais les deux meilleurs : Jacob et Breizhou.
Bon déjà... c'est où le lac de machinchose ? C'est là !

Cette sortie, c'est l'histoire d'un mec qui venait de l'Ouest pour aller à l'Est, et d'un autre qui venait de l'Est pour aller à l'Ouest. Le but : se retrouver pour 2 jours dans la forêt.
Dans le coin gauche, une flûte et une tignasse brune en voiture, j'ai nommé Jacob ! Dans le coin droite, une armée de saucissons et un pouce gigantesque pour l'autostop, j'ai nommé Breizhou !
Départ samedi matin. Breizhou a 10h fait le pied de grue du côté de Rennes... ça ne mord pas beaucoup sur l'axe Rennes-StBrieuc, il attendra 40 minutes qu'une voiture s'arrête, un couple de papi-mamie tranquille qui me disent de monter, ça débute. Problème, je n'ai pas franchement bien regardé l'endroit où je devait quitter l'axe pour filer à l'Ouest, du coup ils ne me posent pas au bon endroit (pourtant ils y allaient, mais je ne savais pas encore que ce n'était pas la bonne sortie...). Résultat je perds 30 minutes dans un village pour essayer de comprendre où-qu'elle-est-la-route... Finalement je dois refaire du stop à la sortie suivante pour 2km de 4voies... tu parles... Une mamie avec sa ptite fille me prend pour les 2km, l'autostop le plus court de ma vie héhéhé. Finalement j'arrive au bord de la bonne route, celle qui coupe la Bretagne en deux par le milieu horizontal... La galère continuera, personne ne va là où je vais, je dois autostoper d'un village à un autre, ça n'avance pas, ça s'arrête peu, et bien sûr pour ne rien arranger Jacob est arrivé au RDV avec 2h d'avance ! Du coup il téléphone, il s'impatiente... Midi passe et je ne suis toujours pas là, j'attends à la sortie d'un bled pommé pour être finalement ramassé par un jeune mécano qui fera un détour pour moi, sympa !
Arrivé à l'avant-dernière ville, Jacob craque et prend la voiture pour venir me prendre, il restait 20 km à peine ! On s'explique nos positions, on se retrouve, le week-end bushcraft peut commencer !!! Je regrette simplement de n'avoir pas trouvé mon appareil photo au début, de bien belles photos on été perdues à jamais (notamment la belle buche suédoise de Jacob et son festin cuisiné à la poêle sur la buche suédoise (lardons, patates, courgette, maïs, oeufs... un régal ! avec du sel en plus !). On arrive au lac par le Sud Est, Jacob en m'attendant a déjà élaboré une stratégie de visite. On se gare en rase campagne et en avant, contents de se retrouver quasiment un an après notre dernière entrevue (Brocéliande ! pour ceux qui s'en souviennent hahahaha).
Après 10 minutes on arrive au bord du canal Nantes à Brest, qui ne commence pas à Nantes ni ne finit à Brest, puis c'est LE BARRAGE, "le mur quoi" comme l'explique Breizhou à Jacob selon ses souvenirs. Pour l'échelle, les camions en bas font la taille d'un bus ^^

Puis ça grimpe énormément, étant en bas du barrage il nous faut monter les versants de la vallée pour le contourner, ça commence dur ! Jacob m'explique le pourquoi du comment des roches sédimentaires, suite à ma question "c'est quoi ce caillou ?". On part dans une explication scientifico-jacobine très concrète, on échange nos premières vannes et ça sent bon le week-end. Après 20 mins d'escalade (oui oui j'exagère lol) on a un premier visuel sur le lac et là... "waouw" magnifique, surtout avec notre hauteur c'est sublime. Je passe un peu les détails, on suit le sentier classique qui fait le tour, vers l'Ouest sur la rive SUD du lac. Le sentier est très proche d'un chemin de montagne : peu large, avec des marches en bois, en terre ou en roche, des racines, de la terre, pas mal de caillasse, des fleurs sauvages que Jacob m'enseigne en marchant. On croise peu de monde : ça nous va très bien héhéhé.
Après 2h de marche tranquille en s'arrêtant de temps en temps pour monter sur les formations rocheuses et retracer l'historique imaginaire du lieu (les éventuels archers gaulois canardant les romains depuis les rochers sur-élevés...) on pense être à un endroit précis du plan, que Jacob voulait visiter en vue d'un camp plus long une autre fois. Le lendemain on verra qu'en fait on était pas du tout là où on pensait, ahhh les touristes ! On grimpe pas mal, on se planque derrière deux collines derrière une formation rocheuse assez traitresse : le sol n'est en fait que les rochers ou les trous entre les rochers mais recouverts de végétation. Au premier manque de vigilance l'un d'entre nous finira la cheville en deux entre les rochers... Les mouvements sont limités mais c'est magnifique. On emménage progressivement "moi je dormirai bien par là... ok ok mais là y'a des pierres je pourrais pas passer, j'irais plutôt ici bla bla"... On s'organise à l'instinct : Jacob part en éclaireur pendant que Breizhou sort la hachette et tabasse quelques ancêtres morts-debout en vue de la flambée nocturne. La végétation est homogène : hêtres, chênes, pins... Breizhou tabasse une souche pour attraper un peu de bois gras (mouillé... bizarre). Jacob revient finalement et partage ses découvertes sur notre coin. Breizhou a cogité à l'emplacement du feu, des coins cuisine, salon, toilettes... Tout se goupille naturellement tandis que Jacob met un point d'honneur à préparer THE plateforme pour le feu dans les rochers que nous voulions faire, il y passera une bonne demi-heure finalement afin de s'assurer qu'on ne brûlera pas la forêt.
Ensuite il part couper un arbre, rien que ça, armé de sa seule hachette, tandis que Breizhou prépare une torche bushcraft (pas encore au point lol). Il arrive par un heureux hasard ou plutôt par malchance, à "replanter" l'arbre qu'il venait de couper. Tombant de sa nouvellement souche, l'arbre se replante debout et s'enfonce d'un bon mètre dans le sol, avec environ 15m de haut vers le ciel... Impossible de le faire sortir, comme s'il avait toujours été planté là ! Tu parles d'une poisse, mais après une lutte acharnée et un peu de réflexion le géant s'écroule et Jacob peut se tailler d'immenses buches dedans tandis que Breizhou tabasse joyeusement la souche de ce majestueux pin mort, gorgée de bois gras, une passion pour Breizhou.
On mange le fameux repas-festin dont je vous ai parlé, j'allume avec beaucoup de mal ma torche (15 minutes dans le feu pour qu'elle parte... la seule torche au monde qui a besoin d'un feu pour faire du feu !), on papote, on se régale, Jacob retravaille la lame de mon couteau avec une pierre, il s'étonne lui-même de cette efficacité et affûte également sa propre lame. La nuit approche, on part à la pêche aux feuilles mortes pour se faire des lits d'ours en hibernation, recouvertes d'une épaisse mousse (isolation + moelleux). La torche suédoise nous servira à allumer le feu "d'ambiance" sur la plateforme de pierre au milieu du chaos granitique.


Une bonne bouteille de cidre de Brocéliande plus tard, nous voilà allongés (recroquevillés sur des bouts de rochers) devant le feu à parler de la vie. Jacob sort une bouteille de pommeau breton, un ptit dijo à 16% qu'il voulait essayé. N'aimant pas l'alcool je ne refuse toutefois pas l'offre, une liqueur autre que l'eau en pleine nuit, en pleine forêt, ça ne se refuse pas ! On déguste en comatant, on est bien, il fait bon, la journée fut bonne, il ne pleut pas... La fatigue nous pousse au lit, chacun son coin : Jacob contre la pierre dans un petit creux naturel avec un feu "Nodia" (orthographe) un genre de feu entre trois "troncs d'arbres" qui brûle en se décalant, sensé durer la nuit. Pour moi il fait assez chaud pour s'en passer, mais le bushcraft implique de faire des expériences sur le terrain, le moment s'y prête donc parfaitement. Pour ma part j'ai monté ma tarp au dessus de mon nid douillet, je bénéficie de l'ambiance chauffée du feu de Jacob, impeccable...



Vue de mon couchage :

Petit soucis, on a trop bien allumé le feu spécial de Jacob. Ce dernier ronflotte gentiment, bercé par la chaleur, les étoiles, la Bretagne qui respire mais Breizhou est rendu nerveux par le feu qui gagne en intensité et crépite bruyamment. Toutefois la lumière qui en ressort donne à notre coin de forêt une allure ancestrale et noble.


Finalement ça sera Jacob qui bougera le premier, réveillé par la grande chaleur dégagée par son désormais bûcher ! Il retire le tronc du haut pour limiter la concentration de chaleur, le feu se calme aussitôt et la nuit paisible débute. Ayant bien compris que j'étais fatigué (peu dormit la nuit d'avant), Jacob me laisse dormir jusqu'à 9h30, puis va chercher de l'eau avec sa nouvelle "bassine pliable", bien pratique ! Je nourris le feu, je prépare 2-3 sucreries à partager avec lui, c'était ça ou bien il nous faisait manger du riz au ptit-dèj !!! Heureusement que je prends toujours un peu plus. On décide de cuire du riz maintenant pour ne pas avoir de feu à faire à midi, gain de temps, efficacité... Une photo avant de partir (je ne vous cache pas que pour vous la ramener il a fallu prendre des risques dans les rochers !). On éteint le feu, on fait ça bien, on démonte et on range tout, Jacob portera sa popote avec le riz pendant 40 minutes de marche, jusqu'à ce fameux endroit où nous pensions être cette nuit...


Il est tard, j'éditerais ce message demain pour la suite !
3 mois plus tard (ahem ahem été oblige), chose promise, chose due, la suite :
Le lendemain, on réalise qu'en fait... on était pas du tout là où l'on pensait être, l'anse de machin pas loin du camping-restaurant. Du coup une fois l'étonnement passé, on se pose pour bouffer notre riz tiède, Breizhou louche sur la part que lui donne Jacob, Jacob ayant peur de se faire mordre en remet un peu dans l'assiette à Breizhou, content de son sort. Puis, tel un petit chien qui ne tient pas en place, Jacob ne résiste pas à l'envier de... se foutre à poil pour changer (avouez, vous avez tous vu 3 ou 4 photos de Jacob en tenue d'Adam non ?). Bon faut dire aussi qu'il a plutôt le corps d'un sportif que d'un vieux trappeur québécois dodu. Je me serais bien baigné également, mais moi je me sentais plutôt québécois sur le moment, et il y avait des mômes pas loin. Po envie d'être pris par la police parce que je courrais en caleçon sur la plage
Je file au restau pour acheter une part de far breton à partager avec Jacob... 10 minutes... 20 minutes... ils sont trop occupés par leurs clients "repas complet" pour me prêter attention, je pourris leurs toilettes et je m'en vais... Je reviens voir Jacob et... "oh ! oukilé mon APN ?"... Jacob : "tu ne l'aurais pas..." Breizhou : "non ?!"... Jacob : (haussements répétés des sourcils)... je retourne au restau, je prends mon APN qui faisait la sieste sur la banquette où je l'avais oublié, Jacob se marre et sèche tranquillement au soleil.



On reprend la marche... pom pom pom on passe finalement l'anse et on approche d'un coin superbe que Jacob réutilisera une autre fois comme base de lancement de fus... de canoë fait main ! Ensuite on poursuit plus en avant, je trouve un beau coin sur une pointe rocheuse, je prends quelques photos car je compte y revenir avec des copaingues un jour.




Et puis viens le moment fatidique que nous connaissons bien, aussi tirerais-je un rideau de fleur sur ce drame écologique en vous montrant ce que faisaient nos sacs pendant que nous étions accroupis dans les buissons afin de... restituer à Dame Nature ce que nous lui avions emprunté la veille.

On reprend la marche et OH ! Que voyons-nous ! EXCALIBUR2013, la version moderne du mythe (qui certes ressemblait beaucoup à mon couteau...
)

Je me souviens très bien de la suite car figurez-vous que plus nous marchions, plus le doute se creusait en moi : où est donc passé mon gadgeto-bidule portatif ?! (boussole, thermo, lampe, loupe, miroir)... Accroché à une branche sur notre précédent bivouac (celui où on nous voit assis sur un rocher au dessus du feu)... Ca tombe presque pas mal car on devait faire demi-tour, mais en passant par le haut (et non en longeant la rive du lac). On grimpe, le sentier est sec, pierres blanches au sol. "C'est de la craie ?" demande Breizhou. Jacob inspire, un peu fatigué par la montée (et le soleil qui cognait), et prend sur lui de m'expliquer gentiment que tout ce qui est blanc n'est pas craie
. "Ahhh ok !" conclu Breizhou.
Nous montions toujours lorsque, à vue de carte-à-dessins-enfantins je pensais avoir repéré le sentier qui redescendait juste avant notre précédent bivouac pour aller décrocher le pompon, enfin mon gadgeto-bidule, de son arbre. Je propose à Jacob de continuer tout droit et de m'attendre à la prochaine transversale, je serais descendu puis longé le lac (en parallèle de sa route) pour aller chercher l'objet puis continué tout droit à la prochaine transversale pour remonter le rejoindre... Mais il est bon prince, il descend avec moi et on reprendra le même bout de chemin qu'à l'aller, tant pis pour la reco du secteur. On marche on marche, on retrouve le bas du bivouac, qui était perché à 15km en altitude (non mais un bon 400m avec un bon dénivelé ça tue bien les cuisses), il m'attend en bas, je cours en haut (à vitesse de vieux trappeur québécois dodu einh). Je constate avec effroi que notre feu "dans les rochers" n'était pas des plus éteints, alors je manipule les cendres afin d'étouffer l'affaire (huhuhu je suis fier de mon jeu de mot) et pour calmer l'animal dans sa cage de granit, j'y est pissé d'ssus et vlan !
Bon là on est vanné, on veut se poser et se reposer (deux fois ? lol) mais Jacob veut trouver un bel endroit qu'on avait vu le premier jour, qui ressemblait à une pub décathlon vous savez, avec le petit tas de cailloux blanc prêt à recevoir un feu, un tronc d'arbre écorcé et propre sur lui faisant face à un lac entre deux arbres bien positionnés... Et il me tirera par la laisse jusqu'à ce qu'on y arrive, à 200m je l'obligeais à coucher sur le bas côté du sentier dans un maquis plus ou moins plat, mais quel soulagement en voyant le lieu apparaître devant nous. Rapidement on prend possession des lieux. Jacob démarre un feu tandis que Breizhou récolte/tabasse du bois jusqu'au campement, puis je tend un fil au dessus anticipant l'arrivée de mon tarp plus tard dans la soirée "au cas où il pleut". Jacob se moque "il ne pleuvra pas bla bla perte de temps" mais si jamais il venait à pleuvoir, il serait le premier à venir frotter son museau à mon endroit pour quérir une place à l'abri !



Jacob réchauffe l'ambiance (enfin c'est ce qu'il a cru) en nous jouant de la musique (en nous pourrissant les oreilles... lol je plaisante bien sûr, il s'est amélioré et connait de nouveaux morceaux ou bien il a terminé d'en apprendre certains c'est agréable et nous transporte dans un autre temps pendant quelques instants). On discute du noir, du blanc (la durée des notes) et on essaie de trouver la meilleure fin pour tel ou tel morceau, on est calmes et on se repose, sans les sacs tout va beaucoup mieux, le feu crépite derrière nous, la bouffe cuit, miaouwwww
Mon petit lit douillet (feuilles) au petit matin :


Pas très loin du barrage, au petit matin on y arrive rapidement et on immortalise nos derniers instants ensemble... par des photos de nous séparés lol
Kenavo, an ar wech'all le lac de Guerlédan (au revoir et à bientôt)


Prévu initialement comme une sortie à plusieurs, on se retrouve finalement à deux le jour J, mais les deux meilleurs : Jacob et Breizhou.
Bon déjà... c'est où le lac de machinchose ? C'est là !

Cette sortie, c'est l'histoire d'un mec qui venait de l'Ouest pour aller à l'Est, et d'un autre qui venait de l'Est pour aller à l'Ouest. Le but : se retrouver pour 2 jours dans la forêt.
Dans le coin gauche, une flûte et une tignasse brune en voiture, j'ai nommé Jacob ! Dans le coin droite, une armée de saucissons et un pouce gigantesque pour l'autostop, j'ai nommé Breizhou !
Départ samedi matin. Breizhou a 10h fait le pied de grue du côté de Rennes... ça ne mord pas beaucoup sur l'axe Rennes-StBrieuc, il attendra 40 minutes qu'une voiture s'arrête, un couple de papi-mamie tranquille qui me disent de monter, ça débute. Problème, je n'ai pas franchement bien regardé l'endroit où je devait quitter l'axe pour filer à l'Ouest, du coup ils ne me posent pas au bon endroit (pourtant ils y allaient, mais je ne savais pas encore que ce n'était pas la bonne sortie...). Résultat je perds 30 minutes dans un village pour essayer de comprendre où-qu'elle-est-la-route... Finalement je dois refaire du stop à la sortie suivante pour 2km de 4voies... tu parles... Une mamie avec sa ptite fille me prend pour les 2km, l'autostop le plus court de ma vie héhéhé. Finalement j'arrive au bord de la bonne route, celle qui coupe la Bretagne en deux par le milieu horizontal... La galère continuera, personne ne va là où je vais, je dois autostoper d'un village à un autre, ça n'avance pas, ça s'arrête peu, et bien sûr pour ne rien arranger Jacob est arrivé au RDV avec 2h d'avance ! Du coup il téléphone, il s'impatiente... Midi passe et je ne suis toujours pas là, j'attends à la sortie d'un bled pommé pour être finalement ramassé par un jeune mécano qui fera un détour pour moi, sympa !
Arrivé à l'avant-dernière ville, Jacob craque et prend la voiture pour venir me prendre, il restait 20 km à peine ! On s'explique nos positions, on se retrouve, le week-end bushcraft peut commencer !!! Je regrette simplement de n'avoir pas trouvé mon appareil photo au début, de bien belles photos on été perdues à jamais (notamment la belle buche suédoise de Jacob et son festin cuisiné à la poêle sur la buche suédoise (lardons, patates, courgette, maïs, oeufs... un régal ! avec du sel en plus !). On arrive au lac par le Sud Est, Jacob en m'attendant a déjà élaboré une stratégie de visite. On se gare en rase campagne et en avant, contents de se retrouver quasiment un an après notre dernière entrevue (Brocéliande ! pour ceux qui s'en souviennent hahahaha).
Après 10 minutes on arrive au bord du canal Nantes à Brest, qui ne commence pas à Nantes ni ne finit à Brest, puis c'est LE BARRAGE, "le mur quoi" comme l'explique Breizhou à Jacob selon ses souvenirs. Pour l'échelle, les camions en bas font la taille d'un bus ^^

Puis ça grimpe énormément, étant en bas du barrage il nous faut monter les versants de la vallée pour le contourner, ça commence dur ! Jacob m'explique le pourquoi du comment des roches sédimentaires, suite à ma question "c'est quoi ce caillou ?". On part dans une explication scientifico-jacobine très concrète, on échange nos premières vannes et ça sent bon le week-end. Après 20 mins d'escalade (oui oui j'exagère lol) on a un premier visuel sur le lac et là... "waouw" magnifique, surtout avec notre hauteur c'est sublime. Je passe un peu les détails, on suit le sentier classique qui fait le tour, vers l'Ouest sur la rive SUD du lac. Le sentier est très proche d'un chemin de montagne : peu large, avec des marches en bois, en terre ou en roche, des racines, de la terre, pas mal de caillasse, des fleurs sauvages que Jacob m'enseigne en marchant. On croise peu de monde : ça nous va très bien héhéhé.
Après 2h de marche tranquille en s'arrêtant de temps en temps pour monter sur les formations rocheuses et retracer l'historique imaginaire du lieu (les éventuels archers gaulois canardant les romains depuis les rochers sur-élevés...) on pense être à un endroit précis du plan, que Jacob voulait visiter en vue d'un camp plus long une autre fois. Le lendemain on verra qu'en fait on était pas du tout là où on pensait, ahhh les touristes ! On grimpe pas mal, on se planque derrière deux collines derrière une formation rocheuse assez traitresse : le sol n'est en fait que les rochers ou les trous entre les rochers mais recouverts de végétation. Au premier manque de vigilance l'un d'entre nous finira la cheville en deux entre les rochers... Les mouvements sont limités mais c'est magnifique. On emménage progressivement "moi je dormirai bien par là... ok ok mais là y'a des pierres je pourrais pas passer, j'irais plutôt ici bla bla"... On s'organise à l'instinct : Jacob part en éclaireur pendant que Breizhou sort la hachette et tabasse quelques ancêtres morts-debout en vue de la flambée nocturne. La végétation est homogène : hêtres, chênes, pins... Breizhou tabasse une souche pour attraper un peu de bois gras (mouillé... bizarre). Jacob revient finalement et partage ses découvertes sur notre coin. Breizhou a cogité à l'emplacement du feu, des coins cuisine, salon, toilettes... Tout se goupille naturellement tandis que Jacob met un point d'honneur à préparer THE plateforme pour le feu dans les rochers que nous voulions faire, il y passera une bonne demi-heure finalement afin de s'assurer qu'on ne brûlera pas la forêt.
Ensuite il part couper un arbre, rien que ça, armé de sa seule hachette, tandis que Breizhou prépare une torche bushcraft (pas encore au point lol). Il arrive par un heureux hasard ou plutôt par malchance, à "replanter" l'arbre qu'il venait de couper. Tombant de sa nouvellement souche, l'arbre se replante debout et s'enfonce d'un bon mètre dans le sol, avec environ 15m de haut vers le ciel... Impossible de le faire sortir, comme s'il avait toujours été planté là ! Tu parles d'une poisse, mais après une lutte acharnée et un peu de réflexion le géant s'écroule et Jacob peut se tailler d'immenses buches dedans tandis que Breizhou tabasse joyeusement la souche de ce majestueux pin mort, gorgée de bois gras, une passion pour Breizhou.
On mange le fameux repas-festin dont je vous ai parlé, j'allume avec beaucoup de mal ma torche (15 minutes dans le feu pour qu'elle parte... la seule torche au monde qui a besoin d'un feu pour faire du feu !), on papote, on se régale, Jacob retravaille la lame de mon couteau avec une pierre, il s'étonne lui-même de cette efficacité et affûte également sa propre lame. La nuit approche, on part à la pêche aux feuilles mortes pour se faire des lits d'ours en hibernation, recouvertes d'une épaisse mousse (isolation + moelleux). La torche suédoise nous servira à allumer le feu "d'ambiance" sur la plateforme de pierre au milieu du chaos granitique.


Une bonne bouteille de cidre de Brocéliande plus tard, nous voilà allongés (recroquevillés sur des bouts de rochers) devant le feu à parler de la vie. Jacob sort une bouteille de pommeau breton, un ptit dijo à 16% qu'il voulait essayé. N'aimant pas l'alcool je ne refuse toutefois pas l'offre, une liqueur autre que l'eau en pleine nuit, en pleine forêt, ça ne se refuse pas ! On déguste en comatant, on est bien, il fait bon, la journée fut bonne, il ne pleut pas... La fatigue nous pousse au lit, chacun son coin : Jacob contre la pierre dans un petit creux naturel avec un feu "Nodia" (orthographe) un genre de feu entre trois "troncs d'arbres" qui brûle en se décalant, sensé durer la nuit. Pour moi il fait assez chaud pour s'en passer, mais le bushcraft implique de faire des expériences sur le terrain, le moment s'y prête donc parfaitement. Pour ma part j'ai monté ma tarp au dessus de mon nid douillet, je bénéficie de l'ambiance chauffée du feu de Jacob, impeccable...



Vue de mon couchage :

Petit soucis, on a trop bien allumé le feu spécial de Jacob. Ce dernier ronflotte gentiment, bercé par la chaleur, les étoiles, la Bretagne qui respire mais Breizhou est rendu nerveux par le feu qui gagne en intensité et crépite bruyamment. Toutefois la lumière qui en ressort donne à notre coin de forêt une allure ancestrale et noble.


Finalement ça sera Jacob qui bougera le premier, réveillé par la grande chaleur dégagée par son désormais bûcher ! Il retire le tronc du haut pour limiter la concentration de chaleur, le feu se calme aussitôt et la nuit paisible débute. Ayant bien compris que j'étais fatigué (peu dormit la nuit d'avant), Jacob me laisse dormir jusqu'à 9h30, puis va chercher de l'eau avec sa nouvelle "bassine pliable", bien pratique ! Je nourris le feu, je prépare 2-3 sucreries à partager avec lui, c'était ça ou bien il nous faisait manger du riz au ptit-dèj !!! Heureusement que je prends toujours un peu plus. On décide de cuire du riz maintenant pour ne pas avoir de feu à faire à midi, gain de temps, efficacité... Une photo avant de partir (je ne vous cache pas que pour vous la ramener il a fallu prendre des risques dans les rochers !). On éteint le feu, on fait ça bien, on démonte et on range tout, Jacob portera sa popote avec le riz pendant 40 minutes de marche, jusqu'à ce fameux endroit où nous pensions être cette nuit...


Il est tard, j'éditerais ce message demain pour la suite !
3 mois plus tard (ahem ahem été oblige), chose promise, chose due, la suite :
Le lendemain, on réalise qu'en fait... on était pas du tout là où l'on pensait être, l'anse de machin pas loin du camping-restaurant. Du coup une fois l'étonnement passé, on se pose pour bouffer notre riz tiède, Breizhou louche sur la part que lui donne Jacob, Jacob ayant peur de se faire mordre en remet un peu dans l'assiette à Breizhou, content de son sort. Puis, tel un petit chien qui ne tient pas en place, Jacob ne résiste pas à l'envier de... se foutre à poil pour changer (avouez, vous avez tous vu 3 ou 4 photos de Jacob en tenue d'Adam non ?). Bon faut dire aussi qu'il a plutôt le corps d'un sportif que d'un vieux trappeur québécois dodu. Je me serais bien baigné également, mais moi je me sentais plutôt québécois sur le moment, et il y avait des mômes pas loin. Po envie d'être pris par la police parce que je courrais en caleçon sur la plage



On reprend la marche... pom pom pom on passe finalement l'anse et on approche d'un coin superbe que Jacob réutilisera une autre fois comme base de lancement de fus... de canoë fait main ! Ensuite on poursuit plus en avant, je trouve un beau coin sur une pointe rocheuse, je prends quelques photos car je compte y revenir avec des copaingues un jour.



Et puis viens le moment fatidique que nous connaissons bien, aussi tirerais-je un rideau de fleur sur ce drame écologique en vous montrant ce que faisaient nos sacs pendant que nous étions accroupis dans les buissons afin de... restituer à Dame Nature ce que nous lui avions emprunté la veille.

On reprend la marche et OH ! Que voyons-nous ! EXCALIBUR2013, la version moderne du mythe (qui certes ressemblait beaucoup à mon couteau...

Je me souviens très bien de la suite car figurez-vous que plus nous marchions, plus le doute se creusait en moi : où est donc passé mon gadgeto-bidule portatif ?! (boussole, thermo, lampe, loupe, miroir)... Accroché à une branche sur notre précédent bivouac (celui où on nous voit assis sur un rocher au dessus du feu)... Ca tombe presque pas mal car on devait faire demi-tour, mais en passant par le haut (et non en longeant la rive du lac). On grimpe, le sentier est sec, pierres blanches au sol. "C'est de la craie ?" demande Breizhou. Jacob inspire, un peu fatigué par la montée (et le soleil qui cognait), et prend sur lui de m'expliquer gentiment que tout ce qui est blanc n'est pas craie
Nous montions toujours lorsque, à vue de carte-à-dessins-enfantins je pensais avoir repéré le sentier qui redescendait juste avant notre précédent bivouac pour aller décrocher le pompon, enfin mon gadgeto-bidule, de son arbre. Je propose à Jacob de continuer tout droit et de m'attendre à la prochaine transversale, je serais descendu puis longé le lac (en parallèle de sa route) pour aller chercher l'objet puis continué tout droit à la prochaine transversale pour remonter le rejoindre... Mais il est bon prince, il descend avec moi et on reprendra le même bout de chemin qu'à l'aller, tant pis pour la reco du secteur. On marche on marche, on retrouve le bas du bivouac, qui était perché à 15km en altitude (non mais un bon 400m avec un bon dénivelé ça tue bien les cuisses), il m'attend en bas, je cours en haut (à vitesse de vieux trappeur québécois dodu einh). Je constate avec effroi que notre feu "dans les rochers" n'était pas des plus éteints, alors je manipule les cendres afin d'étouffer l'affaire (huhuhu je suis fier de mon jeu de mot) et pour calmer l'animal dans sa cage de granit, j'y est pissé d'ssus et vlan !
Bon là on est vanné, on veut se poser et se reposer (deux fois ? lol) mais Jacob veut trouver un bel endroit qu'on avait vu le premier jour, qui ressemblait à une pub décathlon vous savez, avec le petit tas de cailloux blanc prêt à recevoir un feu, un tronc d'arbre écorcé et propre sur lui faisant face à un lac entre deux arbres bien positionnés... Et il me tirera par la laisse jusqu'à ce qu'on y arrive, à 200m je l'obligeais à coucher sur le bas côté du sentier dans un maquis plus ou moins plat, mais quel soulagement en voyant le lieu apparaître devant nous. Rapidement on prend possession des lieux. Jacob démarre un feu tandis que Breizhou récolte/tabasse du bois jusqu'au campement, puis je tend un fil au dessus anticipant l'arrivée de mon tarp plus tard dans la soirée "au cas où il pleut". Jacob se moque "il ne pleuvra pas bla bla perte de temps" mais si jamais il venait à pleuvoir, il serait le premier à venir frotter son museau à mon endroit pour quérir une place à l'abri !



Jacob réchauffe l'ambiance (enfin c'est ce qu'il a cru) en nous jouant de la musique (en nous pourrissant les oreilles... lol je plaisante bien sûr, il s'est amélioré et connait de nouveaux morceaux ou bien il a terminé d'en apprendre certains c'est agréable et nous transporte dans un autre temps pendant quelques instants). On discute du noir, du blanc (la durée des notes) et on essaie de trouver la meilleure fin pour tel ou tel morceau, on est calmes et on se repose, sans les sacs tout va beaucoup mieux, le feu crépite derrière nous, la bouffe cuit, miaouwwww
Mon petit lit douillet (feuilles) au petit matin :


Pas très loin du barrage, au petit matin on y arrive rapidement et on immortalise nos derniers instants ensemble... par des photos de nous séparés lol
Kenavo, an ar wech'all le lac de Guerlédan (au revoir et à bientôt)










