Ce n'est pas très long: deux kilomètres de longueur sur la carte, sûrement le double en suivant le fond de la vallée et les méandres de la rivière qui y prend sa source. La vallée d'abord très étroite se termine dans un cirque, sous les alpages les plus hauts du Sancy.
Tout commence par une vieille carte, trouvée dans un coffre caché dans un grenier... (hum...)


Cette fois-ci pas question d'y aller seul: la végétation est si dense et agressive, entre les orties et épineux mêlés, et surtout l'entrelacs inextricable des buissons de bord de rivière, que l'an dernier, j'avais fait demi tour au bout de trois cents mètres, crevé et découragé. Avec trois jours devant nous, PH est d'accord pour m'accompagner: une journée pour explorer la vallée, et les jours suivants on marchera dans le coin....
Départ tranquille le dimanche en milieu d'après-midi, pas pressés mais chargés comme des mulets... Arrivée dans un buron du coin et photo en costume et accessoires d'époque.

Et déjà on pense à ... manger! Bon PH est un grand spécialiste de l'allumage du feu façon XVIIIème. Pas plus de trois minutes pour allumer un feu; On a laissé le truc s'éteindre plusieurs fois, parce qu'on glandait dehors... Silex, firesteel, pour la friction on n'est pas assez bons...

Silex, coton brûlé et briquet-pochette fabriqué par PH.

Ça prend plutôt vite, sur des copeaux de bois sec.

Soirée tranquille, whisky, pas de table de black jack au grand dam de PH. nuit calme également. Au matin le ciel est beau, il fait chaud. Lever matinal à 9h30, départ 11h. Hum... c'est ça la vie de trappeurs...
Au pied de la partie "sauvage de la vallée": on laisse vite tomber couteaux et machettes, le bâton, ça marche mieux; du moins au départ, dans des champs d'orties et de fleurs, qui passent largement notre taille.

Les trois cents premiers mètres sont épuisants, une heure pour avancer bien peu...


Tout au long du parcours, de multiples traces. Ici un chevreuil, dans la boue en bord de rivière..


Deux longhunters, à la ceinture de PH (il en avait bien plus que ça...), et un pistol grip, à la mienne. En cours de route, j'ai perdu mon "bowie" Perrin en rampant sous un buisson. PH qui a l'oeil et de toutes façons lorgne sur ce couteau, a eu l'amabilité de le ramasser...



Trois couteaux c'est beaucoup?

Premier passage acrobatique, avec trente mètres de chute assurée en cas de gamelle... Un seul incident sur le parcours: dans les hautes herbes, j'ai passé le pied puis le corps tout entier dans la tranchée creusée par un petit affluent de la rivière, pas plus large que cinquante centimètres, mais profonde de plus d'un mètre. Chute dans le trou, jusqu'aux épaules quand même. Petite frayeur avec un sale coup sur le genou. Le genre de truc à se casser la jambe...

Contrairement aux parcelles de forêt exploitées, la végétation sauvage est bien plus diversifiée, avec de multiples essences d'arbres, de feuillus en particuliers, qui se font rares aujourd'hui à ces altitudes... PH me trouve des érables, des cornouillers, noisetiers, hêtres, et d'autres machins à feuilles.



Par moment il est possible de remonter directement le lit de la rivière, quand la végétation n'est pas trop dense.

Une belle cascade, absente des cartes malgré une belle hauteur, un bel obstacle à la progression aussi... Tentative d'escalader directement le truc, qui s'effrite quand même un peu trop...






Quatre heures plus tard, le cirque du fond de vallée: ici nous bifurquons à droite, pour rejoindre la lisière de la forêt, la rivière, en fait de multiples affluents qui convergent au pied de ce cirque, étant plus difficile à suivre. Sans doute eût-il fallu deux heures de plus pour sortir au fond du cirque...

Le soir même, de retour au camp de base, juste avant l'apéro, scéance poudre noire..


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Et plus tard: PH se fout de ma gueule parce que je veux faire du pain! Faut dire que depuis depuis deux jours on mange sans sel, PH ayant oublié de me rappeler de le prendre. Donc le pain sans sel c'est assez... dégueu?



Le lendemain, après donc un réveil encore plus matinal à 9 heures du mat, journée "entretien"; pas mal d'ardoises sont tombées: il faut bricoler tout ça...


Faire du bois: quelques arbres secs sur pied, dont un de grosse section, une chandelle de la dernière tempête: celui qui avait failli nous tomber sur la tête quelques mois plus tôt..

Je lui ai pourtant dit de ne pas cogner comme un sourd!

Du coup on a fini ça au couteau...

Pas tout à fait en fait: une corde au sommet de l'arbre, en tirant un peu la chandelle est tombée. Il faudra revenir avant l'hiver, débiter et rentrer tout ça.
Le pied de l'arbre a changé de tête: esprit des bois?

Dernier jour, jour du départ, et si: lever 7 heures.





